| CD Praga Digitals PRD 250 116 (distribué par Harmonia Mundi) DDD 1:08
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Inauguré par Boccherini vers la fin
du XVIIIe siecle, le genre bien sonnant mais assez
difficile a maîtriser du sextuor a cordes classique
(deux violons, deux altos, deux violoncelles) fizt
longtemps peu pratiqué avant d'etre régénéré dans la
seconde moitié du XIXe siecle par Brahms (Sextuors
opp.18 et 36) et Dvorak (Sextuor op. 48).
Précédé dans l'histoire de la musique russe par des
oeuvres de moindre notoriété (les sextuors á cordes de
RimskiKorsakov et d'Anton Rubinstein), le Sextuor en
ré mineur << Souvenir de Florence >> op.
70 devait etre a l'origine une oeuvre << reposante
>> dont la clarté, la fraîcheur puissent
contraster avec la noirceur de l'opéra La Dame de
Pique. Achevée en 1890, l'oeuvre ne fut créée,
apres révision, qu'en décembre 1892 a
Saint-Pétersbourg. C'est une des meilleures partitions
de chambre de Tchaikovski; elle figure en bonne place
dans l'histoire de ce genre typiquement postromantique et
qu'allaient poursuivre avec bonheur Schoenberg (Nuit
transfigurée en 1899), Reger (Sextuor en fa
op.118 de 1910, splendide et méconnu), d'Indy (Sextuor
op. 92), Martinu (Sextuor de 1932), Richard
Strauss (Prélude de Capriccto en 1942), Milhaud (Sextuor
de 1958) et quelques autres. L´ excellent Quatuor Kocian, augmenté des non moins excellents altiste et violoncelliste du Quatuor Prazak, offre des interprétations d'une force enthousiasmante et d'une exceptionnelle rigueur stylistique. Si le Sextuor en la majeur (1878) de Dvorak bénéficie d'une vision lyrique de la part de musiciens tcheques, chantres habituels de la sensibilité slave, qui trouvent le ton juste et Ies rythmes dansants de cette page chaleureuse, Souvenir de Florence connaît ici une interprétation de trés haute qualité technique - sans doute la meilleure de la discographie depuis l'ancienne gravure des Borodine avec Yourov et Gutman (HMV Melodiya) - et qui respire plus librement que ses concurrentes, s'autorisant un style exubérant au legato soyeux comme un certain << mozartianisme >> déja amplement illustré ailleurs chez Tchaikovski. Patrick Szersnovicz, Le Monde de la Musique, No 223, Juillet-aout 1998 |